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Consultation

Lettre 918·XX, folios : 241
Lille, capitaine
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Loriol
Grenoble
,

Transcription

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Reçue à Grenoble, le 10 mars 1573.
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Monsieur, si la santé de ma jambe m’ut voulu parmetre d’aller la
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part où vous estes j’y fusse très volontiers alé tant pour vous
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baiser les meins que pour vous asseurer que ne commenderés
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iamais à homme qui de meilleur cœur vous fasse service
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que moy, m’asseurent que scavés comme l’ons m’a demis de ma
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charge, me guardera le vous raconter, mais vous diray que
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m’en vois retirer cheus moy d’où n’espère partir si ce n’est pour
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faire service à mes seigneurs don vous tiens des principaoulz.
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Vous me ferés s’il vous plait monsieur, cest honeur que de
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faire estat de moy comme d’ung de vos plus obeissens serviteurs.
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Je vous avois escript une feulle de papier pleine de
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novelles, mais j’ay trouvé que monsieur de Rousset par votre moien
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en scavoir de plus fraisches beaucoup que moy qui me
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les a faict descirer. Mais ni aient veu escript que
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monseigneur de Montmorency estoit alé trouver le roy à
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Seinct Germein, le vous ay volu dire je ne scai s’il
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suivra la court ou bien s’il retournera à Chantilly.
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L’ons avoit ung peu d’alarme à la court à cause que
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mes seigneurs de Longuerville et de Guise avoient comandé
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à leurs gouverneurs que tous les huguenotz eussent à leur
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proveoir d’armes et chevaoulz et leur en aller à La Rochelle
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aveques eus. [barré : Ilz] Ilz ont achepté chevaoulz et armes mais n’ont
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encores bogé de leurs maisons, Cela donnoit ung peu de
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suspesson mais c’estoit ung bien peu ; aussi disoit on que
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Montgoumery estoit arrivé à Bellille en Bertagne aveques
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disehuit navires et avoir prins la ditte ille. Je vous puis
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[241v°] bien asseurer monsieur que l’Angleterre ne bouge au descouvert.
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L’ons a assalli ung ravelin à Senserre, mais n’a esté prins, eins
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i est mort une vinteine de soldas et de gens de nom. Le cappitaine
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Digory et le cappitaine Stefano d’Orbino blessé qui est fort bon soldat.
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L’ons ne laisse pour cela de continuer la baterie et crois qu’ilz
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la prandront. Ie ne vous dis rien de messieurs d’Evènes et de
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Laval encores que i’aie sceu du dousiesme du passé qu’ilz ce
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portoint bien pource que j’ay veu qu’en aviés du quatorsieme.
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Monsieur ie vois suplier Dieu qu’il vous deint en très
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parfecte santé, très heureuse et très longue vie. De Loriol
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ce sisiesme mars 1573.
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Votre très humble soldat et très
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affectioné serviteur
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c[apitain]e Lille
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Je desirerois bien que monsieur
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le président Truchon receut mes
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très humbles recommendations.